Dans la vie, on se dit que le monde est tout beau tout rose. Peut-être un peu. Il ne faut pas rêver tout de même. Les gens d'aujourd'hui tu sais, ne jugent que par les apparences extérieures. Quelques soient nos problèmes, nos angoisses, nos sentiments, ces idiots seront là pour te pourrir jusqu'à la dernière seconde. Parfois, tu perdras ton chemin alors qu'il est juste devant toi. C'est une de ces étapes que certains ont du mal à affronter, à vivre, à dépasser ... C'est un peu comme si, tu rentrais, dans une forêt dont tu connais tous les recoins, tous les chemins. Au fur et à mesure que tu avances, tu t'apercois ce que le monde peut être ignoble. Tes pas se font plus lents. Tu réfléchis à ces choses, ces choses qui te font du bien ou du mal. Tu vois alors des images qui se bousculent dans ta tête ; ces adolescents te critiquant, ces moments que tu rêves de pouvoir encore partager avec des êtres qui sont partis trop tôt, ces adultes parlant de divorce évident, ces baisers qui te font frissoner de temps en temps, ces enfants dans la cour de récréation qui est plutôt devenue un chant de bataille ... Tu accélères. Tu réagis. Tu réalises aussi. En courant, des mots te parcourent l'esprit ; les conseils que ton père te donnaient avant que tu t'en ailles en chantant à l'école, les rires enthousiastes de tes amis en apprenant que tu pouvais les rejoindre pour le Differtival, les sensations fortes des parcs d'atractions. Et là, tout s'écroule ! Tu ne sais plus où regarder. Tu ne sais plus quoi faire. Assise par terre parmis les feuilles mortes de l'automne qui se froissent sous tes mains tremblotantes, tu fermes les yeux. Un peu plus fort encore. Comme pour effacer une douleur lancinante, comme pour oublier un souvenir gênant. Tu te trouves dans un environnement que tu connais bien, dans une forêt où tu te sens si naturelle. La nostalgie fait de toi une machine à penser. Tes articulations se relachent, tu tombes sur le parterre de couleurs brunâtres en sanglotant .. Tu murmures à quelqu'un, dieu seul sait à qui. Mais tu parles, seule, bas. Tu parles de la manière dont on confit un secret à une personne. Et ta voix perd de plus en plus de sa gaieté. Quelque chose te caresse la joue, c'est doux, c'est mouillé, c'est chaud. Une goutte de pluie, une larme .. Une larme ! Elle tombe, pourtant sans en connaitre la raison. A force de te retenir, tu commences à pleurer pendant quelques minutes. Minutes qui te semblent interminables. Un bruit te fait sursauter. Un craquement de branche .. C'est sans doute un animal ? Tu te retournes mais derrière toi ne s'étend qu'une rangée d'arbres, tout ce qu'il y a de plus banal. Une présence dont tu ignores tout t'enlève de tes pensées et t'attire vers elle. Tu suis la direction du bruit. Tu suis ce phénomène qui te manipule. Sans même jeter un regard autour de toi. Arrivée à l'arbre, un poids t'appui sur les épaules et fait flancher tes jambes. Tu veux pousser un cri mais on te serre la gorge. Tu ne comprends pas ! Il n'y a personne autour de toi, on t'étrangle pourtant, c'est sur ! Tes paupières deviennent lourdes au point de ne plus savoir les portées. Ton souffle se coupe. Et pour toi, ce jour-là est la fin de ce chemin que tu étais sur le point de retrouver .
Cédric Je t'aime :)